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En ce début d’après-midi, nous revenons à Fismes où nous avions bivouaqué le 4 et c’est là que nous apprenons que l’ennemi s’est emparé de Reims. Voilà pourquoi nous sommes partis de Soissons. C’est aussi pour nous l’occasion d’une pause sur notre route. Nous sommes bien accueillis par la population qui nous apporte à boire et à manger. Les Fismois nous montrent les dégâts dans la ville et le matériel militaire abandonné. Nous prenons ensuite la route de Bouleuse aussi discrètement que possible pour éviter d’être vus par la 7ème régiment de Cavalerie de milice de Silésie et afin de contourner par le sud le 3ème régiment de milice de Poméranie. A Bouleuse, nous passons la nuit dans la ferme du château où les propriétaires nous offrent nourriture et boisson en fonction de ce qu’ils leur restent.
Un matin, à Muizon, nous surprenons le 2ème régiment de la Prusse occidentale vaquant à leurs occupations au bivouac. Nous terminons le travail commencé par notre cavalerie repoussant toujours plus l’ennemi vers l’Est. Des combats ont lieu à Thillois et à Gueux. Les ennemis pensent trouver refuge sur le plateau de Ormes mais là aussi nous les poursuivons jusque dans le cimetière et nous faisons beaucoup de prisonniers parmi les poméraniens qui se rendent.
En fin d’après-midi, notre empereur installe son Etat Major sur le Mont Saint Pierre à Champigny sur Vesle et donne ses ordres pour la Bataille de Reims. En soirée, nous partons en direction de Reims et des batteries russes situées sur la colline Sainte Geneviève que nous emporterons à la baïonnette.
Dans la nuit, Reims est reprise mais les habitants ont allumé des torches et lorsque notre colonne pénètre dans la ville, nous voyons comme en plein jour.
Nous savions que la nuit suivante, nous allions dormir en caserne, sur une vraie paillasse et sur le lit réglementaire (à deux sur le lit, en tête-bêche). La chambrée est lumineuse et agréable. On y est bien.
Les ronflements ne gênent pas tellement nous sommes fatigués mais certains, perturbés par les combats, entendent « des voix » et sont persuadés qu’on va venir les occire.
Mais bientôt, il faut partir. Nous rassemblons nos affaires et nous nous mettons en route. Nus avons une pensée pour nos camarades tombés à Champaubert, à Montmirail, à Marchais et à Montmort.
