Lettre du tambour La Poudre à ses parents

Cendrieux , le sept juin 1808
Mes chers parents,

J’ai vu, père, depuis mon départ beaucoup de belles choses surtout à Paris mais à présent je vous dis que nous sommes campés en bivouac à Cendrieux, près du château de la Pommerie, notre bivouac a une allure des plus grandiose!

Nous avons été rejoints par des troupes alliés et vous raconte que de braves militaires venant du 17è Léger, du Corps d’observation du Rhin, du 44è de ligne, 2e hussard, les artilleurs et 2è Chasseurs de la Garde Impériale nous ont rejoint ici à l’occasion du passage de Sa Majesté l’Empereur Napoléon, accompagné de son Etat Major et son fidèle mamelouk. On m’a raconté qu’il vient d’Angoulême et se dirige vers la ville de Bordeaux. J’ai aperçu beaucoup de beau monde comme le général Pelet, un colonel du 1er Etranger, le baron Darnay… Que d’honneurs sous nos yeux !  

Nous étions placés sous les ordres du commandant Ribière, en charge de la place Val de Louyre et Caudeau, une bourgade fort animée ! C’est une place bien populaire on y retrouve des artisans et marchands du coin qui nous ont bien approvisionnés et je vous assure que nous n’avons pas manqué de vivres. Nous étions bien nourris par la cuisine des vivandières Bénédicte et la mère Pipelette aidée de notre blanchisseuse Fanchon.

Le camp vibrait au rythme de nos manœuvres d’infanterie, de cavalerie, des tirs et des gardes mais aussi des danses impériales, sous l’œil vigilant de la gendarmerie. Les tambours résonnaient avec force sous la baguette du soldat Baldassari. Mais aussi, père, nous avions des temps de jeu ! les soldats du Corps du Rhin nous ont initié à l’un de leurs jeux favoris – le jeu de la marmotte ! Les rires fusaient aussi fort que ceux des enfants de notre village.

Les villageois, badauds et curieux accouraient nombreux pour admirer la revue des troupes, remise de médailles, épaulettes, chevrons, nomination ! ce qui mettait le feu à l’enthousiasme général !  

Le soir venu, nous nous sommes rassemblés autour d’un grand feu de camp, les flammes réchauffant les mains et les cœurs, et l’esprit de camaraderie brillait autant que le feu.

Après un repas de Gala bien garni, nous couchons cette nuit ici avant de prendre la route pour l’Espagne. Je pars avec mes compagnons de route : le soldat la Bête, soldat Stéphane, soldat Gérard et soldat Le Peintre.

L’ambiance est bonne, les cœurs sont vaillants, et nous sommes prêts à suivre le tambour jusqu’au bout du monde.  

Ne prenez, cher papa, chère maman; aucune inquiétude sur mon sort.

Je n’ai plus rien de nouveau à vous marquer, si ce n’est que je vous embrasse tous avec le plus grand respect,

Votre fils
Soldat Tambour La Poudre.