Le 16ᵉ régiment d’infanterie légère, 1er bataillon, a l’honneur d’être le régiment support pour l’organisation de la prise d’armes du quatrième anniversaire de la création du Train des équipages militaires, en ce 26 mars.

Nous avons pris possession du terrain et installé notre bivouac la semaine dernière.

Les conditions de vie s’améliorent : les vivandières partent à la recherche de produits frais dans la campagne environnante. Nous avons pu déguster une bonne soupe aux choux hier soir et, aujourd’hui à six heures trente, en colonne devant la boulangerie, chacun a pu percevoir un pain.

Nos camarades se sont relayés pour la corvée de bois afin d’alimenter et d’entretenir l’énorme brasier qui permet de faire cuire la nourriture pour la troupe.

À huit heures trente, notre régiment a été passé en revue, a manœuvré et réalisé des démonstrations de tir.

À l’issue de la prise d’armes, nous nous sommes préparés à reprendre la route.


Récit tiré d’une lettre du Sergent Ardhuin du 16e Léger 1er Bataillon.

Cet anniversaire me rappelle le printemps 1810, l’année dernière, la guerre faisait rage dans la péninsule ibérique. Notre empereur Napoléon avait besoin de ravitailler ses troupes dispersées entre Burgos et Madrid. Le 2e bataillon du Train des équipages militaires, reçoit l’ordre de conduire un convoi de 80 chariots chargés de poudre, de vivres et de matériel chirurgical à travers les montagnes de Castille. Les guérilleros espagnols rôdent, les ponts sont sabotés, et les pluies rendent les chemins impraticables. Le convoi avance lentement, escorté par des voltigeurs du 16ème Léger. À chaque village traversé, les hommes réparent, négocient, parfois combattent. À Guadalajara, nous sommes encerclés. Les hommes du train improvisent une barricade avec les chariots. Après deux heures de feu nourri, les Espagnols se replient. Mais le plus grand défi survient à Alcalá de Henares, où un pont stratégique a été détruit. Tous les hommes ont été requis pour construire un pont de fortune en bois et tonneaux, sous la pluie et les tirs ennemis. Le convoi passe, et les vivres atteignent Madrid à temps pour soutenir les troupes du maréchal Soult. Notre Empereur informé de l’exploit, a déclare : « Sans le Train, mes armées ne sont que des fantômes affamés. »